Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS. 
Jacques Julliard, entretien à nonfiction.fr

Elle tient aussi à des faits historiques précis : rappelons qu’au XIVe siècle, la loi salique, réinterprétée à l’occasion d’une crise dynastique , exclut les femmes de la succession au trône de France, et que la Constitution de 1793 n’accorde le suffrage universel qu’aux citoyens, excluant les femmes de l’exercice de la citoyenneté. Malgré l’émergence de courants de pensée favorables à l’émancipation des femmes, le XIXe siècle, qui voit la naissance des "féminismes", n’en est pas pour autant "le siècle des femmes". Ce n’est que dans la seconde moitié du XXe siècle que le monde politique s’ouvre aux femmes en France : à la Libération, avec l’ordonnance de 1944 qui donne aux femmes le droit de vote et d’éligibilité, certaines femmes – pour la plupart des Résistantes- accèdent à des responsabilités importantes. Cependant cette embellie est de courte durée : la Ve République gaullienne se marque par un retour au temps de la politique "virile" et ce n’est que progressivement, à partir des années 1970 et dans un contexte marqué par un bouleversement des mentalités et des mœurs, tout comme par les combats du Mouvement de libération des femmes (MLF) que la féminisation du pouvoir s’amorce réellement, à gauche comme à droite . Il convient de rappeler quelques avancées significatives : la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, premier chef d’État à se préoccuper de l’accès des femmes au pouvoir, la politique de François Mitterrand et du parti socialiste dans les années 1980 où s’illustrèrent des militantes telles Édith Cresson, Catherine Trautmann et Yvette Roudy. Il faut également avoir en tête un épisode marquant, celui des "juppettes" en 1995 qui a pour effet de mobiliser les femmes politiques quelque soit leur appartenance. De cette affaire naît le "Manifeste des dix" publié dans L’Express en juin 1996, appelant les partis politiques à s’engager dans la voie de la parité. Il sera entendu puisque les lois de 2000 et 2007 sur la parité contraignent désormais les partis politiques à présenter un nombre égal de femmes et d’hommes pour les élections se déroulant au scrutin de liste : régionales, municipales, sénatoriales et européennes. . Malgré ces mesures de "discrimination positive", très critiquées, parfois même par des "femmes politiques" telle Michèle Alliot-Marie, les femmes ne représentent aujourd’hui qu’une part marginale du personnel politique : elles étaient 12,3 % à l’Assemblée nationale en 2002, elles représentent à peine 20 % depuis les législatives de juin 2007.
2 commentaires
et alors
trebig
L'impartialité peut-elle être garantie dans ces conditions ?