On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
Alors que chez nos voisins européens, la situation va de l’interdiction avec dérogations (Belgique, Italie, Allemagne...) à l’ouverture sans restriction (Hongrie, Suède…), la question du travail du dimanche en France est encore en débat pour élargir un système marginal à une véritable "redéfinition de la place des jours dans les représentations collectives". Pour Dominique Reynié, qui publie une étude sur le sujet , le nœud du problème se situe sur le décalage existant entre la conception du dimanche et la réalité de la situation. Selon lui, le dimanche ne serait plus ni le "jour du Seigneur", ni le seul jour des familles, compte tenu notamment des nouveaux modèles familiaux ou des réunions beaucoup plus exceptionnelles. Enfin, il n’est déjà plus un jour sans consommation, dans la mesure où la culture et les loisirs y sont de plus en plus présents. C’est d’ailleurs l’ouverture de ce type de magasins qui est plébiscitée majoritairement par les travailleurs du dimanche sondés dans cette étude (60 % d’opinions favorables à l’ouverture des magasins culturels, devant les boutiques de vêtements (52 %) et les supermarchés (48 %)).
Le rapport note que les salariés exerçant déjà ce jour souhaitent continuer, voire s'y rendre plus souvent. De même, une majorité (55 %) est favorable à ce que plus de magasins puissent ouvrir leurs portes une journée supplémentaire. Si la tendance n’est donc pas au rejet, les pratiquants du travail dominical posent cependant à 66 % un principal garde fou, qui repose sur le principe de base volontaire (notamment pour les étudiants ou les jeunes salariés sans enfant qui le souhaitent par exemple). Pour gagner l’opinion, un autre aspect démontré par l’étude est à garder en mémoire : ceux qui répondent que le travail dominical leur "plaît" sont 63 % chez ceux pour qui il est synonyme de rémunération supplémentaire![]()
* Fondation pour l’innovation politique, "Travailler le dimanche : qu’en pensent ceux qui travaillent le dimanche", janvier 2009
7 commentaires
La rédaction
Catala
Anonyme
Le volontariat des salariés? Rigoureusement impossible de le garantir hors situation de plein-emploi.
Les avantages salariaux? Raisonnons sur le très long terme: dans vingt ou trente ans, si le dimanche devient un jour ouvré comme les autres, n'apportant de surcroît q'un bénéfice minime en terme de croissance, qu'est-ce qui pourra justifier le maintien dans la loi d'avantages salariaux?
Enfin, un mot sur la Fondation pour l'Innovation politique. Voyons ce qu'en dit wikipedia: "La Fondation pour l’innovation politique est un think tank politique français de centre-droit, fondé en avril 2004 par l'UMP. La fondation est dirigée par Dominique Reynié depuis octobre 2008." Ce rapport nous apprend donc que l'UMP est d'accord avec le projet ... de l'UMP. En un sens, c'est rassurant....
Pierre
De quelle façon a été menée cette enquête ? On peut très facilement orienter les réponses d'après la formulation des questions. Quand je questionne mon entourage, une majorité écrasante des gens que je rencontre ne sont pas d'accord pour travailler le dimanche, ou pour travailler plus de dimanches quand ils le font déjà.
Je reste songeur quand je vois les membres du conseil de surveillance de cette fondation...
rival
Il arrivait que mon père travaille le jour de Noël, il faisait une peu "la goule", mais sachant qu'il allait être payé triple, cela passait, et il y avait une raison majeure de continuité d'activité.
Qu'en est-il du temps de travail dans les petits commerces ? On se demande pourquoi certains magasins sont ouverts le mardi ou le jeudi après-midi, après les responsables se plaignent de faire des semaines de 70h dont 25 à ne rien faire...Gérer cela s'apprend et on ne gère pas que le fric.
En ce qui concerne les grandes surfaces, soyons et réalistes et intrangisants, il ne faut pas faire de cadeaux à ceux qui ont détruit des tas de choses et de valeurs dans le pays depuis des lustres. Fermeture obligatoire le dimanche, sauf éventuellement deux fois avant Noël, 32h pour tous les employés payés au moins au smic, aucun emploi précaire, CDI après un stage de six mois, formation sérieuse, intéressement aux bénéfices,
Quant aux activités culturelles, sportives et touristiques, il faut évidemment que le travail soit possible le dimanche