On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Il en ressort en particulier les difficultés de structuration d'un tel secteur, rejoignant ainsi tout un pan de la sociologie économique qui s'intéresse à la construction sociale des institutions économiques. Une question inévitable est alors celle de la mobilisation des acteurs de cette nouvelle économie autour d'un projet et de principes communs. Plusieurs articles s'intéressent aux conditions de l'action collective nécessaire à la mise en place de cette autre économie de l'art et de la culture. Bruno Colin pose ainsi la question de l'identité des acteurs , à partir d'une enquête par questionnaire auprès de ces derniers. Celle-ci a plus vocation à permettre aux acteurs de réfléchir sur leur positionnement qu'à fournir un point de vue exhaustif sur la question. De même, Gérôme Guibert s'intéresse à l'investissement dans l'économie solidaire des différents acteurs : il relève la grande hétérogénéité des postures des organisations engagées dans l'UFISC, puisque coexistent des principes de justifications différents et des dépendances diverses aux finances publiques. Entre une "minorité agissante" et des acteurs plus distants par rapport aux principes de l'économie solidaire, des organisations comme l'UFISC semblent nécessaires pour rendre possible le regroupement appelé par Madeleine Hersent , au travers des "rites (congrès, formations, manifestations), des échanges de savoir-faire, des discussions, débats, prises de paroles collectives, notamment en réaction à certaines décisions politiques" . Se pose alors, plus largement, celle de la constitution de l'économie solidaire comme un mouvement social qui assume pleinement ses velléités à changer la société : en est-elle capable ? Peut-elle rassembler suffisamment largement pour cela, et notamment hors des acteurs directement impliqués dans ces projets ? Peut-elle finalement se présenter comme le "projet de société" qu'elle veut être ? Les acteurs veulent croire que oui, mais les choses sont encore en gestation. Si cet ouvrage témoigne de la vivacité de la réflexion, il montre aussi que le chemin sera encore long![]()
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Pierre larrouy