On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
Quelques jours avant la cérémonie officielle d’investiture du 20 janvier, le site Slate.com a lancé un grand "concours" dans le but d’"aider" Barack Obama à écrire son premier discours en tant que 44e président des États-Unis. Une centaine de contributions sont déjà en ligne et soumises au vote des internautes jusqu’au 20 janvier. Des messages particuliers pourraient être adressés indirectement au futur président, notamment en ce qui concerne le débat sur l’Internet et l’échange de fichiers.
L’initiative de Slate arrive après de nombreuses autres lancées par l’équipe de Barack Obama elle-même, comme son inscription sur Twitter ou encore le lancement en novembre dernier du site change.gov qui offre une grande place à l’expression et un contenu média sous licence Créative Commons. Les thèmes de la liberté d’expression et de la neutralité du web chers à Barack Obama avaient également suscité l’enthousiasme des internautes, qui pensaient alors avoir vu des solutions futures relatives notamment aux questions de téléchargement et d’échanges de fichiers. Mais la récente annonce de la nomination au poste d’adjoint au Procureur général de Tom Perrelli, proche de l’industrie du disque et de l’association américaine de défense de l’industrie du disque RIAA (Recording Industry Association of America), pourrait assombrir le tableau. Cet avocat est en effet montré du doigt pour avoir notamment participé à des procès contre des étudiants accusés d’avoir partagé des fichiers en ligne.
Pour tenter d'influer sur cette décision, les internautes pourront donc se servir de la plate-forme proposée par Slate et évoquer ce point dans une contribution totalement originale, ou inspirée des déclarations des précédents présidents, grâce à une fonction spéciale qu’offre le site. Mais les auteurs devront surtout soigner leur style : soumis au vote en ligne, le gagnant sera ensuite publié à la Une de Slate. Le site lui promet une chance de voir son discours repris le 20 janvier prochain![]()
*À lire également sur nonfiction.fr :
- Julie Urbach, "Change.gov, une présidence 2.0" (07.11.08)
*À lire également :
- Astrid Girardeau, "Obama, l’espoir des anti-pirates", Écrans (08.01.09)
1 commentaire
Fr.
http://crookedtimber.org/2009/01/09/changegov-against-obama/
C'était assez prévisible, vu que le site combine deux propriétés qui ne vont pas nécessairement ensemble : un système de crowdsourcing qui hiérarchise les sujets en fonction de l'intérêt de la base des utilisateurs actifs, et une base d'utilisateurs actifs engagés sur un créneau idéologique plus marqué que celui que peut assumer le président.