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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On parle souvent des victimes directes des printemps arabes mais rarement des 2000 morts migrants, tués par non-assistance à personne en danger qui, abandonnés par l’Europe, se sont échoués dans des conditions épouvantables. L’Union européenne a fait des printemps arabes une tragédie qui a été celle des migrants tragiquement noyés, dont les oppresseurs ne sont ni Moubarak, ni Ben Ali mais les responsables européens.

Bertrand Badie, sur nonfiction.fr, le 31 janvier 2012. 

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L'intrusion de Gaïa
[mercredi 14 janvier 2009 - 05:00]
Environnement et développement durable
Couverture ouvrage
Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient.
Isabelle Stengers
Éditeur : Les Empêcheurs de penser en rond
205 pages / 12,35 € sur
Résumé : Un appel à la résistance par la prise de conscience de chacun aussi bien dans le domaine économique que dans le domaine de l'écologie.
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"Du possible, sinon j’étouffe !" Gilles Deleuze aurait aimé cette belle formule qui donne son titre au tract que les intermittents du spectacle et précaires d’Ile-de-France ont diffusé il y a quelques années pour faire connaître les motifs de leur grogne . Du possible – c’est-à-dire non pas nécessairement une perspective d’avenir riante, celle des lendemains qui chantent, mais plus modestement, et de manière plus vitale aussi bien, une restauration des puissances d’agir, de sentir, d’imaginer et de penser, un renouvellement des capacités de faire et de défaire des mondes.
 
Deux caractéristiques remarquables autorisent à tenir l’expérience des intermittents en France pour révélatrice d’une situation politique globale. Tout d’abord, la façon dont ils ont été considérés par le pouvoir en place – par celles et ceux que Isabelle Stengers appelle dans son dernier livre "nos responsables" : à savoir, comme des surnuméraires. Trop nombreux sont les intermittents du spectacle. Mais trop nombreux aussi sont les enseignants, les étudiants, les chômeurs, les inactifs, les vieux, les artistes, les journalistes de France Télévision, etc. On en vient à se demander à la longue si les politiques néolibérales contemporaines ont d’autre fonction que de fabriquer des déficits et d’utiliser les populations comme variable d’ajustement.
 
Mais le plus étonnant dans un tel discours est qu’il ait pu rencontrer un accueil aussi favorable auprès de l’opinion publique, laquelle en est venue à se dire, sur tous ces sujets d’actualité, qu’il n’y avait effectivement pas d’autres choix possible que de supprimer des emplois, que de réduire les aides sociales, que d’augmenter le temps de travail, que d’alléger les charges patronales, etc. C’est qu’"il faut bien réformer", n’est-ce pas, et en cette affaire le mieux est toujours l’ennemi du bien. Il en va en effet de deux choses l’une : soit moins de droits sociaux, soit plus de chômeurs ; soit des salaires revus à la baisse, soit des délocalisations ; soit les OGM, soit la perte de compétitivité de l’agriculture européenne ; soit les brevets, soit pas de recherche.
 
Telles sont quelques-unes des "alternatives infernales", comme les appellent Isabelle Stengers et Philippe Pignarre, que le discours néolibéral aime à multiplier, et par lesquelles trop souvent nous nous laissons piéger, capturer, envoûter . Tout l’intérêt du mouvement des intermittents, de ce point de vue, a tenu à l’étonnante capacité de résistance qu’il a manifesté, et qui s’est traduite par la tentative de réouverture d’un espace de possibles. En lisant collectivement le protocole de réforme, en confrontant les rapports des experts aux pratiques d’emploi et aux savoirs des uns et des autres, les intermittents ont produit une contre-expertise qui a permis de déplacer le combat sur le terrain même de la production de savoir.
 
 

Titre du livre : Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient.
Auteur : Isabelle Stengers
Éditeur : Les Empêcheurs de penser en rond
Date de publication : 05/01/09
N° ISBN : 2707156833
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5 commentaires

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Hicham-Stéphane Afeissa

20/03/09 08:12
Diantre! Quelle avalanche de commentaires! C'est trop d'honneur!
Je réponds un peu dans le désordre, si vous le voulez bien.
Oui, bien sûr Isabelle Stengers parle d'Internet comme d'un instrument de lutte dont le potentiel attend d'être exploité, mais elle fait plus qu'en parler : elle s'en sert déjà comme tel (je songe notamment à la diffusion et à la traduction des textes de Starhawk).
Le choix de parler des intermittents est-il incongru? Il faut ne pas avoir lu de bien près le livre pour le penser. Le combat des intermittents est extrêmement symptomatique et peut servir de révélateur des enjeux qui animent d'autres combats. J'avoue avoir hésité sur ce point, car l'auteure ne parle pas des intermittents dans le livre - aussi n'ai-je pas hésité à l'interroger, et celle-ci a eu la gentillesse de me faire savoir qu'elle jugeait ce choix de présentation pertinent. Voilà qui répond, n'est-ce pas, à la remarque selon laquelle le compte-rendu exprimerait une opinion personnelle. Faut-il s'excuser de proposer, dans le cadre de son compte rendu, une interprétation d'un livre dont on a choisi de parler précisément parce qu'il nous a donné à penser?
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Salade

09/03/09 16:22
le Bouquin est OK.

On ne parle pas vraiment d'internet.
Pourtant lieu "commun" de lutte et d'alliages subtils...et complémentaires

Que pense I Stengers d'internet? Des blogs?
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Luc

19/01/09 22:03
C'est vrai que cette présentation du livre de Stengers est surprenante ; dans son livre on ne parle pas des intermittents ! Elle aurait peut-être pu les prendre comme exemples mais cela n'a pas été son choix. Toute sa démarche consiste à montrer que l'on est pris entre deux "transcendances" de nature différentes : celle de Gaïa, la terre, au travers de la crise écologique liée au réchauffement de la planète, et celle du capitalisme qui nous rend idiot et incapable de résoudre cette crise. La thèse est complètement nouvelle et passionnera autant les écologistes radicaux que les militants anticapitalistes.
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loyseau

18/01/09 13:12
J'ai peine à croire que le discours très politiquement correct en faveur des intermittents, qui occupe la première moitié de ce compte rendu, soit vraiment un résumé de la pensée de Stengers, qu'on a connue autrement plus originale. "Nonfiction.fr" doit-il servir de porte-voix aux opinions "personnelles" des contributeurs, surtout lorsqu'elles traînent déjà un peu partout? Je n'ai pas le sentiment d'avoir compris quoi que ce soit à l'argumentation de Stengers (sinon que le capitalisme est très méchant: est-ce vraiment à cela que se réduit le livre?), et j'ai perdu mon temps.
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atelierdupoete

17/01/09 05:55
Oui, réintroduire Gaïa, sans en faire un dogme et organiser les prises de conscience nécessaire à la construction d\'un autre monde. En bref, agir. Mais qui pourra soulever la chappe de plomb médiatique qui empêche le bruit de nos recherches d\'arriver aux oreilles de tout un chacun?

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