On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Partant du principe que le seul avenir que l’on peut espérer pour l’Europe est celui d’une union politique plus poussée, Jean-Louis Quermonne en déduit que l’Union doit continuer à inventer son propre modèle sans précédent, celui d’une fédération d’États-nations, selon l’expression de Jacques Delors. Si le Traité de Lisbonne ne règle ni la question de la lisibilité ni celle de la multiplicité des modes de décision, il a le mérite de clarifier dans une certaine mesure le fonctionnement institutionnel, souvent en reprenant des dispositions du Traité constitutionnel abandonné. La réforme de la Commission est repoussée, notamment à 2014 pour la réduction du nombre de commissaires. C’est là le point central des multiples propositions simplement évoquées ou délibérément soutenues dans l'ouvrage, parfois avec confusion et redondance. Voulant réintroduire la Commission dans le jeu en refondant sa collégialité, Jean-Louis Quermonne privilégie l’extension à certains domaines du statut de double portefeuille (commissaire et président du Conseil des Ministres dans la formation correspondante) confié au Haut Représentant pour la Politique extérieure par le Traité de Lisbonne. Détail d’importance, chaque État membre pourrait ainsi garder un commissaire, certains avec cette double casquette, d’autres sans.
L’ensemble de l’analyse repose sur l’hypothèse que le Traité de Lisbonne entrera en vigueur. Or rien n’est moins sûr, et Jean-Louis Quermonne montre bien que les scénarios déjà expérimentés pour sortir de ce type de crise ne sont pas réutilisables à l’infini : un nouveau "non" irlandais mettrait l’Union face à un formidable un coup d’arrêt, face auquel cet ouvrage ne permet pas de se préparer![]()
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