On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
Rue89 révélait lundi la colère de Bernard Boucault, directeur de l'ENA, provoquée par l'organisation d'une projection d'un film sur l'institution, prévue vendredi à Sciences Po, par les étudiants du Bureau des Arts. Un débat intitulé "L'ENA, s'ouvrir ou disparaître" devait ensuite avoir lieu, en présence de l'ancien ministre socialiste Pierre Moscovici, du directeur de Sciences Po Richard Descoings et de l'ancien ministre UMP Hervé Gaymard, tous énarques. Finalement, la séance a été annulée.
Que s'est il passé depuis le précédent débat à Sciences Po sur la réforme de l’ENA où s'était pourtant exprimé Bernard Boucault, il y a à peine deux mois ? Si les étudiants du Bureau des Arts se disent encore "abasourdis par cette censure", il est, de plus, étonnant que ce thème "semble destiné à rester en dehors de l’institution", sachant que le pourcentage d'énarques issus de Sciences Po varie chaque année autour de 90%.
Alors que certains évoquent la future réforme de l'ENA comme raison du conflit, les tensions entre les deux institutions n'auraient-elles pas commencés il y a déjà quelques temps ? Un article du Monde de l'éducation daté du 29 avril 2008 annonçait "la guerre déclarée" entre "les deux ennemis" et affichait l’écurie de Descoings comme "gagnante". Car si Sciences Po se voulait autrefois une traditionnelle antichambre de l’ENA, les deux institutions seraient désormais rivales dans la capacité à former les décideurs publics de demain. Mais pour l'heure, le directeur de l'ENA fait encore partie des membres de droit du Conseil d'administration de la Fondation nationale des sciences politiques, structure juridique qui gère l'IEP de Paris![]()
1 commentaire
Non événement
De la hiérarchie des sujets et du retour à la raison - la guerre des directeurs n'a jamais eu lieu.
Il était une fois un Ciné club qui, cette année, brille de mille feux dans l'amphithéâtre Jean Moulin du bâtiment René Rémond au 13, de la rue de l'Université.
L'entregent de l'équipe est impressionnant. Catherine Deneuve en personne est venue débattre de Belle de jour.
Et l'équipe a obtenu de présenter en avant premiere le docufiction sur l'ENA qui passera à la télé l'année prochaine. L'idée d'organiser un débat sur l'ENA surgit très vite. Pierre Moscovici est approché, qui répond oui à une participation. Je ne le suis pas moins et je réponds tout aussi positivement. Assez tard, le directeur de l'ENA est lui-même contacté - et n'est pas libre pour participer, le jour prévu, au débat, dont l'intitulé est provocateur comme un poseur de banderilles : "L'ENA : se transformer ou disparaître".
En Asie à l'époque du drame, je fais observer que la courtoisie commanderait de proposer le report et de la projection et du débat : ce qui fut fort civilement accepté ce lundi.
Mais la furia de jeunes générations prestes à voir complot et censure un peu partout émeut notre landerneau (je n'ai rien contre les Bretons) ; la presse s'en fit l'écho.
Soyons honnêtes : les deux directeurs en question ont moultes choses à faire qui les préoccupent fort. Il n'ont ni le temps ni le goût de se faire la guerre.
Cessons là cette corrida de potaches.