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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

C N L

CNL
Une réflexion sur la mort… bien vivante !
[vendredi 05 décembre 2008 - 11:00]
Sociologie
Couverture ouvrage
La société post-mortelle. La mort, l'individu et le lien social
Céline Lafontaine
Éditeur : Seuil
242 pages / 17,10 € sur
Résumé : La jeune sociologue québécoise analyse la place de la mort dans nos sociétés dites "postmodernes".
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Sur le plan politique, il est par exemple étonnant de voir mentionné p. 116 les travaux d’Alexis Carrel, sans la moindre mise en perspective des desseins eugénistes qui animaient ce grand admirateur de la politique nazie . Encore récemment, en janvier 2000 à Lyon, ce n’était pas étonnant que Jean-Michel Dubernard ait fait l’éloge de Carrel après avoir réussi une première double greffe de mains… Par ailleurs, l’auteure ne s’attarde pas non plus sur le marché de la mort, avec les conséquences tragiques que l’on sait de la marchandisation (trafic d’organes, dépistages génétiques pour les compagnies d’assurances etc.). Les mots "capitalisme" et "scientisme" sont d’ailleurs curieusement absents.
Le sujet offrait également un passage intéressant vers l’éthique appliquée au droit, en partant des débats qui ont accompagné la genèse et l’application de la "Loi relative aux droits des malades et à la fin de vie" (loi n° 2005-370 du 22 mars 2005), dite Loi Leonetti. Dès son article 1er, la loi évoque la "prolongation artificielle de la vie", puis dans son article 5, "la dignité du mourant". Ne serait-ce pas là aussi un moyen d’aborder les fondements de la société "postmortelle" ?

Enfin, beaucoup de lecteurs pourront d’eux-mêmes établir les ponts vers la littérature ou le cinéma, qui sont tout à fait absents de l’ouvrage. Le mythe de Faust ou la légende du Golem, tout de même, pourraient mériter quelques pages, si une vingtaine sont dédiées aux cyborgs. Et un film comme Les Ailes du désir de Wien Wenders (1987) n’aurait-il pas en fin de compte plus à nous dire sur la nécessité d’accepter notre conception de mortels, que les propos fumeux des tenants de la cryogénie ?

Comme souvent pour un livre réussi ("stimulant" diraient nos amis anglo-saxons, mais de grâce, ne fâchons pas notre auteure québécoise !), les idées se bousculent au fur et à mesure que les pages se tournent, et l’exposé est on ne peut plus… vivant.

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3 commentaires

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matou

05/12/08 20:32
intéressant de se poser sur ce sujet dont on parle peu. d'actualité pour moi quant à la préparation à la mort de mon amie Anne si tant est qu'il existe une préparation !
L'approche de l'auteur sur les représentations de la mort semble être très (trop ?) scientifique à mon, goût ...
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cybertonton

05/12/08 16:39
Quand j'entends le mot cybernétique, je sors mon stylo plume. Ceci mis à part, qui explique comment cet ouvrage est entré dans ton périmètre d'intérêt, on n'arrive pas à te lire à avoir une idée de la thèse défendue dans cet ouvrage. Peu nous importe de savoir combien de dizaines d'auteurs sont convoqués, mobilisés et livrés en pature au lecteur pour le convaincre de son ignorance relative. Un livre se juge, se défend, se critique sur la base de ce qu'il a à dire et, trè secondairement de l'érudition manifestée par son auteur. A moins qu'il n'y ait que ça à dire du livre, ce qui serait la plus cruelle des critique. Un livre mortel ?
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ML

05/12/08 14:56
Je reste sur ma faim par rapport à ce livre que je n'ai pas lu:est-ce qu'il n'y a rien à dire de plus que cette vision somme toute mécaniste de la mort qui trouve son apogée dans une hypertechnicité?
j'ai peut-être compris ce que tu voulais faire ressortir....

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