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Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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"Vendredi" au secours du Robinson Zemmour
[lundi 01 décembre 2008 - 10:00]

Rares sont ceux qui ont pu échapper à l’énorme polémique qu'ont générée les propos tenus par Éric Zemmour sur les races, lors de l’émission "Demain, tous métis ?", animée par Isabelle Giordano et diffusée sur Arte le jeudi 13 novembre. L’omniprésent éditorialiste regrettait que la "sacralisation" des races, propre à l’idéologie nazie, ait laissé place à leur "négation" pure et simple. La blogosphère, comme d’accoutumée, s’est rapidement enflammée.


Réactions en chaîne

Tout a été dit, ou presque. Rue89 s’est ému du manque de vigilance des médias et a réfuté l’idée d’une maladresse commise par le journaliste, en publiant la contribution d'un internaute. Acrimed, fidèle à ses prises de position musclées, a envoyé au bûcher Éric Zemmour, à la "carrière toute vouée à la réhabilitation de la France "éternelle", c’est-à-dire blanche, phallocratique et hétérocentrée". Mais l’association en a également profité pour allumer Isabelle Giordano, Arte, Laurent Joffrin et l’ensemble des médias, dans un grand brasier collectif. Télérama, en interviewant l’anthropologue et médecin Didier Fassin, s’est concentré sur l’objet même de la polémique : les races existent-elles ? "Oui, la race existe, faut-il répondre au polémiste, elle existe bien dans la tête de gens comme vous." Finalement, à l’exception notable de Causeur, toujours prompt à dénoncer "la machine associative à s’indigner", peu de blogueurs ont pris fait et cause pour le pauvre Éric Zemmour, comme toujours "seul et contre tous". C’est pourquoi l'espace conséquent que Vendredi a accordé à l’éditorialiste dans son dernier numéro a de quoi surprendre.


Vendredi s'émancipe... ou se perd

Vendredi est un hebdomadaire lancé cet automne par Jacques Rosselin, fondateur de Courrier International. Ce journal atypique, tant par son format allongé que par son dessein, compile une sélection d’articles tirés du web, et donne donc un espace papier unique à l’activité foisonnante de la blogosphère. Pourquoi a-t-il donc choisi de servir de support à l’éditorialiste honni ? Jacques Rosselin a beau s’être justifié en écrivant dans son éditorial vouloir s’affranchir d’un positionnement politique, l’affaire est sensible et le risque évident : celui de se voir renier par la majeure partie de ses contributeurs, les blogueurs, et de se mettre à dos son principal fonds de commerce, leurs lecteurs. Ce mauvais calcul est bien résumé par l’article énervé d’André Gunthert, "Vendredi dérape sur Zemmour", où l’avis du chercheur est sans appel : "si c'est ainsi que Rosselin voit son journal, il se passera de mes services". Cette prise de position délicate sonnerait-elle la fin (de semaine) pour Vendredi ? Pas si sûr, tant l’hebdomadaire est indispensable à la visibilité des blogueurs, au delà de la toile. Seule vitrine du web dans les kiosques, Vendredi dispose a priori d’un rapport de force favorable. Et le malin Rosselin le sait bien : lorsqu’il réagit à l’article d’André Gunthert dans un commentaire, c’est pour lui proposer de le publier dans le prochain numéro….

 

 

* Texte écrit en collaboration avec Claire Jeannet.


 

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11 commentaires

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La rédaction

02/02/09 09:51
Cher Jérémie,

Merci pour votre intérêt et pour votre lecture attentive.

En l'occurence, il faut bien écrire "générée", "les propos tenus" n'étant pas le COD mais le sujet. Le COD est "une énorme polémique" (les propos tenus ont généré quoi ? une énorme polémique). Celui-ci étant placé avant le verbe et étant un féminin singulier, le participe passé en prend la marque et il faut donc bien écrire "générée". CQFD
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Jérémie J. Gomand

01/02/09 08:46
Bonjour.
Juste un détail. Est-ce moi qui me trompe où aurait-il fallu écrire "généré" et non "générée" dans la première phrase de cet article? Le COD est "les propos tenus", par conséquent, comme il est postposé, on n'accorde pas non?
Trop de fautes de français pour un site qui se veut rigoureux...
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jean-abdul

24/12/08 08:31
"un ex maghrebin", ahahahahah!
L'existence des races implique t elle une hiérarchie entre elle? La négation des races, n'est elle pas une volonté de lissage et une négation de la différence, et donc n'est ce pas plus raciste que d'accepter autrui avec sa race, sa différence?
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santal44

08/12/08 17:28
Quand c'est Eric Zemmour (un ex Maghrébin) qui dit des énormités sur les arabes, les noirs, tout le monde tremble à l'idée de réagir de peur d'être traité d'un autre type de racisme.
Tout le monde a le devoir de respecter autrui quelle que soit son origine, sa race(à supposer qu'elle existe) ou sa religion.
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koufra

07/12/08 11:51
Polémique de quat'sous évidemment. Emerveillement de l'élection d'un authentique afro-américain (puisque de père africain et de mère américaine, blanche de surcroît) alors que ce qui est réellement important est ce que OBAMA va faire de ce pouvoir. Cet émerveillement a une forte connotation raciale, à défaut de n'être pas totalement raciste. Alors le procès fait à E. ZEMMOUR est l'éternel procès en sorcellerie fait à toute personne dont la couleur de peau est trop claire et son attachement culturel trop européen pour ne pas être raciste s'il se laisse aller à revendiquer les mérites de sa culture.
Et les cris d'orfraies de ces sociologues et autres philosophes, prompts à jeter l'anathème sur tous ceux qui ne se rangent pas derrière la bannière de leur nauséeuse bien-pensance n'éclairent en rien un débat qu'ils interdisent, faute d'arguments réfléchis.
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