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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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CNL
La droite la plus bête du monde ?
[mercredi 19 novembre 2008 - 08:00]

Pendant la campagne présidentielle étatsunienne, nombre de beaux esprits français soulignaient avec gourmandise que le plus grand handicap du candidat démocrate était son image "d’intellectuel". Présenté comme une insulte universelle dans un pays qui, comme on se complait à le décrire sous nos latitudes éclairées, est dévolu aux imbéciles, aux illettrés, aux incultes et aux créationnistes de tout poil.

Le chroniqueur répondant au pseudonyme "Lexington" qui commente la vie politique étatsunienne pour le magazine The Economist fait la supposition inverse dans une analyse de la défaite du parti républicain ("Ship of fools", The Economist, 13.11.2008). Il souligne que les démocrates ont gagné avant tout parce qu’ils ont choisi un candidat éduqué, posé et réfléchi, faisant appel à la raison des électeurs, n’ayant pas peur d’afficher des nuances et d’affirmer la complexité des problèmes économiques ou internationaux. Le tout dans le cadre d’une campagne sérieuse, modérée et intrinsèquement centriste. Souvenons-nous du slogan "Obama, no drama".

En face, les républicains ont axé leur campagne sur le simplisme et le populisme méprisant qui confond les "vrais gens" avec le "white trash" (terme désignant les couches sociales blanches, rurales et pauvres). Or la société étatsunienne a changé. Un quart de la population possède un diplôme universitaire, 69 % des Étatsuniens se désignent comme des travailleurs qualifiés. C’est sans doute sur ce point que le divorce entre le candidat et le parti républicains a été le plus grand. Le premier voulait faire une campagne mesurée et choisir un colistier respecté et expérimenté comme Joe Lieberman. Le second lui a imposé une campagne outrancière et une colistière caricaturale, semblant ne pas vouloir tirer les leçon de l’expérience de Bush junior.

Les républicains ont pourtant longtemps dominé le terrain des idées, mais ils n’ont pas su se réinventer depuis la révolution néo-conservatrice de Reagan, appliquant les concepts des années 80 aux problématiques des années 2000. Les démocrates se sont saisi des questions du moments : déséquilibres de l’économie mondialisée, environnement et sécurité énergétique, nouveaux rapports de force sur la scène internationale.  

La leçon qu’on tirera des élections étatsuniennes devrait peut-être qu’il ne suffit pas d’être jeune, charismatique et télégénique pour gagner des élections. Face à des citoyens plus éduqués et mieux informés, et malgré les ravages de la "vidéosphère", nos élites politiques devraient se garder de parier sur la bêtise de leurs électeurs.

 

 

* "Ship of fools", The Economist, 13.11.2008

* À lire également sur nonfiction.fr :

- le dossier "Obama 2008 : 26 idées à importer".

- l'article d'Yves Semnoz, "Zaki Laïdi : qui a parlé de déclin étasunien ?".

- l'article "Portrait d'un storyteller" sur le directeur de campagne de John McCain.

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2 commentaires

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La rédaction

20/11/08 10:03
Il s'agit bien de Joe Lieberman. L'article renvoie au fait que le choix initial de McCain portait vers celui-ci comme colistier.
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Drac

19/11/08 23:37
Joe Biden, pas Liebermann (ni Libermann a fortiori).

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