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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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Le modèle suisse en crise ?
[vendredi 14 novembre 2008 - 18:00]
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À l’heure de la réédition en poche de l’ouvrage très optimiste sur le modèle suisse d’Uli Windisch, professeur à l’Université de Genève en sociologie de la communication, il convient de s’intéresser sur la pertinence de son analyse, aux vertus du modèle suisse multiculturel et fédéraliste, et de sa capacité à tenir sa cohésion dans les grands moments de crise.

Nous allons donc essayer de dresser un court portrait de ce modèle suisse caractérisé par Uli Windisch comme harmonieux et détenteur d’un savoir-faire interculturel exemplaire. La Suisse y est souvent présentée comme un modèle caractérisé par sa stabilité et son unité dans son livre d’analyse (issus d’enquêtes de terrains très fouillées sur le fonctionnement des cantons bilingues), le modèle suscitant l’intérêt de délégations du monde entier, voire de solution en tant que modèle de gestion politique et culturelle pour les conflits meurtriers. Il semble ainsi presque intouchable, auréolé de toutes les vertus.

Pourquoi rééditer ainsi ce livre avec un optimisme triomphant ("nous pensons que le modèle suisse est mieux préparé que d’autres régimes politiques pour faire face et faire avec de nouveaux défis"), alors que l’atmosphère sociale et politique appelle au changement et à la réforme, et non à la préservation fossilisante d’un modèle ? Par ailleurs, le terme choisi de modèle s’il n’est pas pris dans une acception ironique peut difficilement paraître autre chose que stérile. D’où quelques questionnements : le système suisse n’en est pas à sa première estocade, à son premier choc, tiendra-t-il ? L’harmonie partagée et parfois mythifiée peut-elle se maintenir malgré les grandes difficultés socio-politiques que le pays traverse ? Quels symptômes cette crise à la fois interne (montée des extrêmes) et externe (chute des grandes multinationales, crise financière et bancaire) traduit-elle ? Conserver la spécificité du modèle ou le réformer ?

Toutes ces problématiques traversent en sa périphérie l’analyse proposée par le sociologue genevois, nous allons donc marquer quelques jalons importants de ce texte, et les soumettre à la critique. Parce que même si le livre est fait à partir d’enquêtes intéressantes, il ne parvient pas réellement à adopter une posture réflexive essentielle pour confirmer sa prémisse initiale d’un modèle suisse mieux préparé que d’autres régimes politiques pour faire face et faire avec de nouveaux défis.

Le livre se divise en deux parties. L’une concerne la diversité linguistique et culturelle de la Suisse, et l’autre couvre le système politique suisse de démocratie directe. Dans la première partie du livre Uli Windisch insiste sur l’élément dynamique essentiel d’un pays qui possède quatre langues nationales différentes, et tout autant de cultures et de mentalités contrastées, il s’agirait d’une forme d’unité dans la diversité, qui prend la forme bien connue du système fédéraliste suisse qui laisse une large marge de manœuvre aux cantons (au nombre de 26). L’idée intéressante que nous propose le sociologue genevois c’est de sortir de l’alternative brut entre multiculturalisme et citoyenneté, pour considérer les éléments empiriques multiples qui rendent possibles cette identité-unité dans une diversité culturelle et linguistique complexe.

Le travail de sortie du clivage passionnel ou populiste, va permettre à Uli Windisch d’habiller sa vision idéaliste des oripeaux de la sociologie de terrain, gage de légitimité, et de renoncer ainsi à un certain sens critique. Ainsi à propos d’assimilation et d’unité dans la diversité, la Suisse a une expérience riche à proposer (ses régions bilingues, son fédéralisme respectueux des différentes identités, etc.), et qu’Uli Windisch n’a pas tort lorsqu’il affirme que la "situation concrète de la Suisse plurilingue et pluriculturelle illustre l’impossibilité de comprendre la diversité culturelle croissante des pays européens ayant connu une forte immigration en termes dichotomiques et manichéens".

 

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3 commentaires

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Lise Lamarière-Halıcı

20/04/12 01:47
Tiens, je m'étonne. Je pensais que les articles de ce type commençaient par s'intéresser à–, ou s'interroger sur– à la rigueur.
Je tente tout de même de surpasser la troisième ligne.
Et je vous salue.
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emanuel

07/03/09 13:51
En fait mon texte visait plutôt la pseudo sociologie critique de Windisch, que le modèle suisse qui à tous égards me paraît excellent, voire même meilleur que bien des parties de l'Europe. Par ailleurs les suisses ne sont pas xénophobes, mais les thèses de l'Udc très certainement, et au vu de leur poids politique il est nécessaire d'en rendre compte.
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Tal

06/01/09 19:30
Interessant comme critique,bien que j'ai trouver le livre asser nul,je dois dire que vous ne faites pas mieux avec votre critique "constructive".
UDC est le premier parti politique,oui avec 30 % des voix il y a quand meme 70% des élécteur qui on voté contre,donc xenopobie montante je sais pas,surtout que les derniere votation en terme de regularisation du nombre d'étranger a pas passer,certe la mesure sur l'asile c'est durcit,mais y a aps eu de changement radical.Pour ce qui est de la democratie directe,le vraie probleme c'est qu'on le vote sur tout et mette durant les votation importante plein de petit truc qui encourage pas les gens a aller voter,y a trop de choses.C'est bien d'avoir un mot sur tout,mais si on met des gens au pouvoir c'est pour qu'il prenne des decisions tout de même.Cela dit les referendum evitent aussi d'avoir des gens dans la rue parce que un loi stupide est passé...
La suisse est en crise,mais la crise en suisse est tout de même bien plus petite que nos voisins,y a eu le cas UBS,le cas Credit Suisse..pourtant on s'attend pas a dépasser les 4% de chômage d'ici 2 ans..on est a moins de 3% actuellement..combiens de pays voisin aimerait avoir pareil pourcentage???
Sinon la suisse ne compte pas plus de xenophobe que les pays voisins france y compris (plus de 20% d'etranger en suisse) c'est bien de vouloir demontrer qu'un auteur a faux,mais faut pas se fourvoyer pour le faire hein....
Bref une chose est sûr contrairement a nos voisin italiens et francais,les suisses sont moins chauvin et moins prompt a parler pour rien dire...
Sinon faut parler du systeme d'assurance maladie obligatoire en suisse,du fait que la greve est interdite et j'en passe toute ces choses qui font que la suisse est loin d'etre un modele..et c'est temps mieux!

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