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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

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Le "nous" d’Obama VS les "je" du PS
[jeudi 13 novembre 2008 - 12:00]

Dans le cadre du Libé des Philosophes, Libération ouvre aujourd’hui son journal à 59 philosophes. Le numéro donne une grande place au PS et une autre à Obama, plus petite mais non négligeable.

Le journal s'ouvre sur une série d’interpellations et de commentaires plus négatifs qu’élogieux vis-à-vis du "spectacle" qu’offre le PS, souligné aussi bien par Jean Salem, que par Marc de Launay et Marc Crépon dans leurs articles respectifs. Dénonçant principalement la domination de la personnification et des querelles sur le débat d’idées, ces premières pages donnent une vue de la situation du PS en attendant le congrès de Reims, avec une mention spéciale pour Ségolène Royal par Nicole Dewandre, qui voit en sa personne une réelle nécessité pour notre société, notamment dans l’influence qu’elle doit avoir sur l’évolution de la place des femmes.

Mais la vraie conclusion arrive après la lecture de l’article consacré à Obama, qui succède à ces pages spéciales "gauche". Le slogan désormais célèbre "Yes we can !" y est décrypté, et notamment l’emploi du pronom "nous" qui, selon l’article, révèle une offre de destin politique commun et à construire ensemble, et a réussi à rassembler une nation dans ses différences. Hasard ou enchaînement préparé, l’emplacement de l’article dans le journal rend ses premières pages encore plus éloquentes : entre "Yes we can !" et "J'ai envie", il y a effectivement une différence et pas seulement grammaticale.


* Le Libé des Philosophes
(13.11.08)

 

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1 commentaire

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Sylvain Reboul

13/11/08 17:13
Il ne faudrait pas sur-interpréter cette différence qui tient essentiellement au contexte de sens de l'usage du "nous" et du "j"'ai.

Obama incarne une force politique qui a opéré son unité derrière sa candidature alors que Ségolène Royal répond à la question personnelle qui lui est posée de savoir si elle, en tant que personne politique, entend se présenter (contre d'autres candidats) à la tête du parti socialiste.

Comme quoi tout énoncé ne prend sens que dans un certain jeu de langage et de vie (Wittgenstein) et n'a pas à en être séparé pour lui faire dire n'importe quoi...

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