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La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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Dominique Reynié : "la Fondation pour l'innovation politique porte un projet libéral, progressiste et européen"
[vendredi 24 octobre 2008 - 10:00]
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Dominique Reynié est le nouveau directeur général de la Fondation pour l'innovation politique. nonfiction.fr a souhaité l'interroger sur ses projets à la tête d'un des principaux think tanks français.

 

nonfiction.fr : Quels sont les grands chantiers que vous souhaitez poursuivre, ou ouvrir, durant votre mandant à la tête de la Fondation ? Autrement dit, quels sont selon vous les enjeux majeurs des prochaines années ?

Dominique Reynié : Je souhaite concentrer nos efforts sur ce que j’appelle la société française émergente. Nous sommes engagés dans un profond bouleversement, démographique, culturel, économique et politique. Il y aura de grands changements. Nous entrons dans une autre époque. Je trouve cela exaltant. J’ai envie de dire : "enfin !". Il y aura de nouveaux conflits à prévenir, à contenir ou à assumer mais il y aura aussi de nouveaux droits à conquérir. Il y aura des reclassements, c’est-à-dire des déclassements, ce sera douloureux, mais aussi des promotions, et ce sera heureux. C’est une autre distribution des choses qui se prépare. J’ai hâte aussi de voir émerger de nouvelles générations, de nouveaux visages. Je veux aider ce mouvement, le rendre plus facile, l’accélérer même.

J’ajoute qu’il est impossible, historiquement ou intellectuellement, de dissocier ce qui arrive à la France de ce qui arrive au monde. Certes, les expériences de la globalisation ne sont pas les mêmes, pour les uns et pour les autres, ici ou ailleurs, mais nous sommes dans un mouvement universel. Notre fondation y accordera une grande attention. Ce ne sera pas du comparatisme, car il ne s’agit plus de multiplier les monographies géopolitiques mais de s’attacher à repérer les flux : culturels, religieux, idéologiques, électoraux qui parcourent notre société particulière mais aussi ceux qui la traversent et font écho aux vibrations de la société civile européenne et de la socialité planétaire.


nonfiction.fr :  À en croire Emmanuelle Mignon rôle de la Fondation fut marginal dans l'élaboration du programme de l'UMP pour la dernière élection présidentielle. Quel rôle souhaitez-vous occuper pour la prochaine élection ? Votre nomination est-elle une réponse à cette marginalisation de la fondation durant la campagne ?
 
Dominique Reynié : Un mot sur la procédure, si vous permettez. J’ai d’abord été auditionné par un Comité, composé de 4 personnes, mandaté pour écouter les différents projets, les discuter et les évaluer. Mon audition a duré 1h30. Au terme de ce premier chemin, j’ai été élu par un Conseil de surveillance comprenant 15 personnes du monde de l’entreprise et de l’université, notamment, dont un Chinois, un Allemand, un Indien et un Britannique présents au moment du vote. Je ne crois pas que quelqu’un puisse dire qu’il connaissait le résultat de ce processus au moment où il a commencé, 6 ou 7 mois plus tôt.

Ensuite, il me semble que si une fondation n’est utile qu’à concocter un programme électoral, elle passe à côté de sa mission principale qui est d’irriguer l’espace public par de nouveaux concepts, de faire émerger les nouveaux acteurs, les nouveaux arguments, les nouveaux enjeux qui entrent en résonance avec l’époque. Il s’agit d’anticiper et non pas de reproduire, il s’agit d’ébranler et non pas de consolider, il s’agit de pénétrer en profondeur et non pas d’inonder la surface. La Fondation doit inspirer et nourrir celles et ceux qui auront en charge d’établir un programme et non proposer de le faire à leur place. Un programme électoral, c’est plus une action politique qu’une idée politique. D’ailleurs, les experts recrutés à cette occasion par les politiques sont presque toujours irrités ou déçus de l’usage que l’on fait de leur savoir ou du peu de cas que l’on fait de leur personne. C’est connu.

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2 commentaires

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Montserrat

26/12/11 11:19
M. Dominique REYNIE fait des analyses toujours claires, précises, dans un style sobre, avec des propos choisis, mesurés; nous apprécions ses interventions dans les médias, que ce soit sur France Culture ou France 2; à notre époque tourmentée, il est appréciable de pouvoir confronter des analyses éclairantes d'experts de sa qualité.
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Paul McCartney

24/10/08 18:03
Super petite interview! En avant les think tanks!

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