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Critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Panorama des guerres de mémoires
[jeudi 16 octobre 2008 - 09:00]
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Préfacé par Marc Ferro, ce numéro de la revue Hermès est le pendant comparatiste et international de l'ouvrage collectif franco-français Les Guerres de mémoires. Il comprend une série d'études de cas passionnantes qui permettent d'évaluer les variations dans les luttes mémorielles d'un pays à l'autre. Ces brefs articles prouvent que l'articulation entre les médias, les États, le travail des historiens et la constitution d'une mémoire collective ne se joue absolument pas sur le même mode ou selon la même tonalité en Allemagne, en Australie, au Japon ou encore au Chili. "Ici, un élément important entre en jeu  : chaque pays, chaque culture, chaque événement produit ses propres rythmes mémoriels, ses définitions de ce qui est mémoire, de ce qui est histoire ou représentations"  . Alors qu'en France, la plupart des débats actuels tournent autour de la "concurrence des victimes" et de la "repentance", ailleurs l'oubli est parfois de mise. En Pologne, les monuments de la période communiste sont détruits, les noms de rues changés, la mémoire purifiée. Mais beaucoup, visés par la loi radicale de "lustration"  votée en 1997, puis étendue au printemps 2007 aux enseignants, universitaires, journalistes et élus des collectivités locales, invoquent le "droit à l'oubli". En Australie, le 13 février 2008, le Premier ministre Kevin Rudd a présenté ses excuses aux aborigènes, au nom du Parlement et de la Nation, afin de "tourner la page". La mémoire retrouvée et ravivée ouvre en effet la boîte de Pandore. Il est donc fréquent que les pouvoirs en place tâchent de fixer l'identité nationale tout en limitant les débats sur les responsabilités du passé. À chaque guerre de mémoire, c'est une guerre civile froide et fragmentée qui se profile. 

 

Le découpage judicieux en trois ensembles d'études de cas, l'un autour des colonialismes et de leur mémoire, un deuxième autour de la fin des dictatures (Espagne, Chili, Pologne, Russie), un dernier autour de la Shoah et des génocides ultérieurs (Rwanda, Aborigènes d'Australie), permet de saisir des situations différenciées, dépendantes de passés et de présents socio-politiques originaux. L'ensemble est tout de même fédéré par une interrogation constante sur le rôle des médias, et plus largement sur les nouveaux véhicules de la mémoire : "monuments, musées, chansons, films, noms de rues, lois, sont ici envisagés comme un 'arsenal' à la disposition des 'guerriers' de la mémoire"  . Le cinéma a la part belle. On pense spontanément aux films relayant et racontant la guerre du Viêt-Nam, mais la chronologie en est peut-être moins connue. Marjolaine Boutet précise que Voyage au bout de l'Enfer (1978) et Apocalypse now (1979) constituent de véritables hapax dans une production cinématographique qui, dans les années 1970, exploite surtout le "stéréotype de l'ancien combattant ultra-violent"  . En ce sens, le premier Rambo s'inscrit dans cette tradition visuelle et narrative mais rompt avec, puisqu'il illustre les difficultés de réinsertion auxquelles sont confrontés les vétérans de cette guerre. La mémoire de celle-ci se trouve largement banalisée dans les années 1990, avec des films comme Forrest Gump (1994) mais, indéniablement, la guerre en Irak a révélé et réveillé le trauma. 

 

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1 commentaire

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Byzance

18/10/08 19:45
Révisioniste n'est pas un gros mot M. Fossier, cela veut juste dire qu'il souhaite réviser un point, lui apporter un nouvel éclairage, la mise en parallèle avec le terme négationiste des auteurs de l'article n'est pas très élégant et aurait nécessité, a minima, une explication. Péan révisionniste avec le Rwanda (même pas il faudrait une position établie à réviser, ce n'est pas le cas), comme Bloch le fit avec le Moyen Âge ou Furet avec la Révolution Française. Vive le révisionnisme, sinon qu'apprendrions nous ? Lavisse ? Révisons encore et encore...

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