On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
Il ressort de numéro de la revue Pouvoirs dédié à la Ve République un certain sentiment de malaise. Les contributions, de très grandes qualités dans l’ensemble, reviennent sur le caractère immuable de la Ve République, voire de son immobilisme. Le Parlement français apparaît comme condamné à l’impuissance relative, tandis que la figure du président de la République condense toujours plus les pouvoirs, ceux-ci n'étant pas séparés mais hiérarchisés au profit du président. Plus qu’une domination, celui-ci semble écraser les autres acteurs institutionnels. Exceptionnalisme français.
Ainsi la Ve République demeure-t-elle la même tout en se radicalisant selon une logique présidentialiste. Radicalisation de l’intérieur, mais délitement de l’extérieur. Si le président concentre les pouvoirs en France, ceux-ci se voient de plus en plus concurrencés par le pouvoir normatif du juge. En outre, le pouvoir politique et le pouvoir normatif se localisent de plus en plus au niveau européen. La Ve République semble, en définitive, malade d’une incohérence structurelle à la fois interne et externe![]()
* Le site de la revue Pouvoirs.
* À lire également sur nonfiction.fr :
- "Parler aujourd'hui encore de ''la Ve République'' est pure convention de langage'', entretien avec Dominique Rousseau.
- "Nos concitoyens adorent élire César, ce qui rend très difficile sinon impossible le passage au primo-ministérialisme", entretien avec Olivier Duhamel.
- Gilles Richard et Jacqueline Sainclivier, Les partis et la République. La recomposition du système partisan 1956-1967. (Presses universitaires de Rennes), par David Valence.
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