Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
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Ce volume est la version remaniée d’une thèse de doctorat inspirée à Magali Mallet par le livre d’Olivier Blanc sur La Dernière Lettre, prisons et condamnés de la Révolution paru en 1984. La période concernée est plus précisément celle de la Terreur. Le 2 juin 1793, une foule de manifestants oblige la Convention à décréter l’arrestation de ses chefs girondins, Brissot, Pétion, Buzot, Condorcet, Roland, Vergniaud, Isnard. La plupart d’entre eux parviennent à s’enfuir, mais vingt-deux de leurs partisans sont incarcérés, dont Jeanne-Marie Roland, épouse de l’ancien ministre de l’Intérieur, Roland de la Platière. L’arrivée au pouvoir des Montagnards, dirigés par Danton et Robespierre et l’élaboration de la Constitution de l’an I, marquent le début de la période la plus sanglante de la Révolution.
Le nouveau gouvernement révolutionnaire s’organise autour de deux organes essentiels : le Comité de salut public, qui traite les affaires militaires, et le Comité de sûreté générale, chargé de rechercher et de poursuivre les suspects. Ces deux comités, qui exercent l’essentiel du pouvoir, sont renforcés par les Comités de surveillance régionaux et les représentants en mission. La Terreur voit le jour, qui va durer treize mois, de septembre 1793 à juillet 1794. Le terme désigne l’ensemble des mesures prises par le gouvernement révolutionnaire pour imposer à tous son autorité. La Convention la légalise à travers la terrible "loi des suspects" du 17 septembre 1793. L’exécution de cette loi et les quelques trois cent mille arrestations qui en découlent sont confiées aux Comités de surveillance et non aux autorités légales. À Paris, la Terreur s’incarne dans son principal instrument, le Tribunal révolutionnaire, qui condamne les suspects sans preuve formelle, et prend le visage de l’accusateur public Fouquier-Tinville. Ses jugements sont exécutoires dans les vingt-quatre heures et ne peuvent faire l’objet ni d’appel ni de cassation. Le 10 juin 1794, la Terreur se renforce et s’aggrave. La loi du 22 prairial an II simplifie en effet la procédure : le Tribunal révolutionnaire peut désormais juger sans interrogatoire préalable ni audition de témoins, les accusés sont privés de défenseurs, et le Tribunal ne peut prononcer d’autre peine que la mort. La "Grande Terreur" fait plus de victimes en un mois que d’octobre 1793 à mai 1794 : parmi elles, le chimiste Lavoisier, les poètes André Chénier et Jean-Antoine Roucher. Cependant, les difficultés économiques et sociales, la lassitude et l’inquiétude des Français devant la poursuite de la Terreur, et les divisions des chefs de la Montagne entraînent l’échec de la dictature robespierriste. Le 9 thermidor ou 27 juillet 1794, Saint-Just et Robespierre sont décrétés d’arrestation avec leurs fidèles. Le 10 thermidor, leur exécution marque la fin de la Convention montagnarde et du gouvernement révolutionnaire.
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