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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Rocard, l'Europe et la Turquie
[jeudi 25 septembre 2008 - 05:00]
Europe
Couverture ouvrage
Oui à la Turquie
Michel Rocard
Éditeur : Hachette Littératures
157 pages
Résumé : Michel Rocard revient sur la question de l'adhésion de la Turquie, qui met l'Union européenne face à elle-même, et y apporte une réflexion franche, voire abrupte.
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"Oui à la Turquie" parce que l’Europe constitue un levier de la vie politique, économique et sociale, voire culturelle, turque. Relations sociales, valeurs nationales et culture politique ne cessent d’évoluer sous le regard normatif de l’Union européenne et de ses institutions. Les critères imposés par le traité de Copenhague, notamment en matière de droits de l’homme et de respect des minorités, trouvent un écho à la fois dans la société civile qui s’affirme et dans la classe politique. "Des sujets qui fâchent" – les questions arménienne et kurde – sont aujourd’hui débattus dans l’espace public. Grâce à l’Europe, les jeunes générations s’interrogent sur leur histoire nationale ainsi que sur la diversité culturelle, ethnique, linguistique, voire religieuse de leur pays. Malgré l’absence de réflexe démocratique dont fait état Michel Rocard et une culture de la "répression" qui limite les réformes, les médias, les intellectuels, voire certains politiques prennent des risques en portant sur la place publique une parole autre que celle des débats officiels et font surgir des questions historiques et politiques jusqu’alors taboues. C’est surtout là qu’il faut voir la démocratisation de la Turquie !

Mais cela ne suffit pas. Pour l’Europe, se posent aussi des questions de sécurité, de frontières, d’immigration et de démographie. Michel Rocard les passe en revue et les traite avec ambiguïté. Lorsqu’il s’agit de la démographie, par exemple, Michel Rocard estime que la Turquie devrait devenir en 2015 le pays le plus peuplé du continent, juste derrière l’Allemagne. Le pays disposerait alors de "82 sièges – autant que l’Allemagne – au Parlement européen". Il rappelle également que le traité de Lisbonne fixe une limite au nombre des députés des "grands" pays, une mesure qui vise, bien entendu, la Turquie. Cette démographie constitue, en même temps, un potentiel économique qui "permettrait d’élargir la taille de la compétitivité" de l'Union. Ce qui nous renvoie à la question initiale de la vocation européenne : grand marché ou projet politique ?

Que devient le projet politique de l’Europe ? Michel Rocard fait preuve d’une vision pessimiste : le projet fédéral serait mort en 1972. Lorsque la Grèce demande son adhésion, c’est, d’après Rocard, pour se doter d’un "label démocratique". Aujourd’hui, l’ouverture de l’Europe à la Turquie serait utile, toujours d’après l’auteur, pour étendre la zone d’influence des normes communautaires et assurer la vitalité économique et financière du vieux continent. Autrement dit, si l’Europe ne constitue pas un projet politique, pourquoi alors refuser d’intégrer une Turquie dynamique et en pleine croissance démographique, économique et financière ? Que fait-on alors, par exemple, des questions de stratégie et de géopolitique – oubliées depuis la fin de la guerre froide et qui reviennent aujourd’hui dans le débat via le Caucase et la montée de la Turquie sur la scène diplomatique dans la région. L’Europe a besoin de la Turquie, non pas parce qu’elle n’a plus de projet politique, mais au contraire pour se donner les moyens de devenir une véritable puissance et s’intégrer dans la globalisation. "L’Union et la Turquie partagent le même destin" avait déclaré José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, lors d’une conférence au printemps 2008 à l’université Bilgi à Istanbul, ainsi qu’au Parlement turc, en réaction à l’éloignement de la Turquie de son projet européen. La question mérite au moins un débat serein et Michel Rocard y contribue avec énergie, conviction et prudence.
 

 

* Le blog du livre : ouialaturquie.fr.

* À voir également sur nonfiction.fr :

- Michel Rocard, Oui à la Turquie (Hachette Littératures), par Diego Melchior.

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3 commentaires

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Lover

10/10/08 17:28
oui a la Turquie dans l'U.E,on peut pas la mettre contre nous,c'est inimaginable

alors oui oui a la Turquie
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sol invictus

28/09/08 06:12
peut etre serait il plus simple de changer la geographie.ELARGIR L AFRIQUE JUSQU A LA SEINE SAINT DENIS ET L Europe jusqu a la nouvelle zelande.Rocard a besoin de beaucoup de repos.7
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Byzance

27/09/08 13:35
"L’auteur essaie ainsi de corriger l’image d’une Turquie différente parce que musulmane que véhicule l’Europe"

Ceci est une projection de l'auteur, il aimerait que ce soit le cas mais à part le pen et de vulliers ce n'est pas le cas. Est ce le cas de Bayrou ? Est ce le cas de Sarkozy ? Ces deux hommes sont pour l'entrée de l'Albanie et de la Bosnie qui aux dernières nouvelles ne sont pas des bastions du catholicisme traditionalisme.

Un peu d'honnêteté intellectuelle; la diabolisation n'est pas très noble et prouve en tout cas que le discours pro-adhésion est politiquement faible. Il est obligé de créer un fantasme pour pouvoir se battre contre.

Pitoyable...

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