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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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CNL
Nietzsche et la musique, 1 : commentaire décomposé
[jeudi 21 août 2008 - 15:00]
Musiques
Couverture ouvrage
L'esthétique musicale de Nietzsche
Éric Dufour
Éditeur : Presses universitaires du Septentrion
344 pages
Résumé : "Peut-on parler de Nietzsche et la musique sans connaître les rudiments du solfège et savoir lire (au moins approximativement) une partition ?"
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Il est à craindre que la volonté de faire de Manfred-Meditation une sorte de "Sous-Tristan", suivant le leitmotiv de l’indétermination tonale ait "conduit" Éric Dufour à bien des égarements. Pourtant, il écrit : "L’analyse de Tristan, mais aussi celle de Manfred-Meditation, pièce qui s’est révélée être une illustration de la conception développée dans La Naissance de la tragédie, nous ont permis de mieux comprendre les caractéristiques de la musique dionysiaque et leur sens esthétique et philosophique."  Mieux : non content de faire preuve d’une musicalité surprenante de la part d’un auteur qui se targue d’apporter pour la première fois les analyses musicales qui faisaient défaut à tous les commentaires antérieurs, Éric Dufour ne manque pas une occasion de dénoncer leurs infortunés auteurs. 

Elégance, probité, pertinence, tels sont les incontestables mérites d’un ouvrage où l’on apprend bien des choses encore : que "la musique, comme on l’a vu, n’est pas pour Nietzsche dans le temps"  ; que "la septième diminuée n’assume pas le passé et ne pose aucune direction par rapport à laquelle le présent pourrait s’instituer comme tel en faisant advenir un futur", et plus précisément qu’elle apparaît "comme l’élément qui fait de la phrase musicale un énoncé hypothétique d’autant plus aporétique que, alors que toute question formulée dans notre langage ordinaire implique quelque chose quant à ce qu’il faut chercher et quant à la manière dont nous devons le chercher, la septième diminuée apparaît comme le fait d’interroger en général, sans même poser une question déterminée"  ; que de manière générale "la musique wagnérienne refuse de construire une totalité harmonique, mélodique et rythmique nécessairement finie" .

Selon l’auteur de L’esthétique musicale de Nietzsche, "Nietzsche ne cesse de revenir sur un unique thème : comment un discours sur la musique est-il possible ?"  Qu’elle intéresse Nietzsche ou non, il semble qu’Éric Dufour n’ait pas suffisamment médité cette question.


* À lire également sur nonfiction.fr :

La critique du livre de Florence Fabre, Nietzsche musicien. La musique et son ombre (PUR). Nietzsche possédé par le "démon de la musique", inspirateur de ses œuvres musicales comme de sa pensée, de son style, de ses livres. Par Julien Brun.

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8 commentaires

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yann

25/08/08 13:02
Ce qui surprend le plus est la contradication fondamentale dans le discours développé par l'auteur, qui nous explique tout d'abord que le concept de musique dionysiaque trouve son inspiration chez wagner et qu'il est, selon l'analyse de la partition de Tristan, fondé sur une indétermination tonale se jouant des harmonies... pour conclure finalement que Nietzsche, dans Manfred, privilégie une écriture harmonique voire classique !
Notre éminent philosophe aurait-il oublié ses cours de logique ?
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Gonzague

24/08/08 12:36
Merci pour le commentaire.
Bien d'accord sur la critique faite à la conception d'Eric Dufour dans le prélude de Tristan une tonalité indéterminée.

Pour le reste je préfère me vautrer dans les mélismes dionysiaques de cette musique sans malheureusement connaître la partition de Manfred Meditation.

Bravo en tout cas!
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Charles

21/08/08 18:54
merci pour cette critique lumineuse (quoiqu'un peu ardue!). Vive la musique !

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