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Rédacteur

critique à nonfiction.fr

La phrase

Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes.

Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

Les idées sur le Web

La fondation Jean Jaurès
Un nouvel espace de la rénovation de la pensée socialiste
''La mémoire divise, l'histoire réunit'' (P. Nora)
[mercredi 20 août 2008 - 09:00]
Histoire
Couverture ouvrage
Mémoires de Pieds-Noirs
Dominique Fargues
Éditeur : Flammarion
281 pages / 18,91 € sur
Résumé : Un livre qui vise à entretenir la mémoire des pieds-noirs, menacée par la mort des témoins. Pas un récit historique, mais un matériau utile.
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La guerre

La Seconde Guerre mondiale constitua un tournant important, et d’abord pour les Juifs installés en Algérie : le gouvernement de Vichy abrogea le décret Crémieux qui avait accordé la citoyenneté française aux Juifs d’Algérie, provoquant le limogeage des fonctionnaires et la radiation des avocats juifs dans toute l’Algérie. À cette première rupture dans l’ordre européen s’ajoutèrent les massacres de Sétif, non évoqués dans l’ouvrage.

À partir de 1956, le climat d’insouciance se transforme en peur quotidienne. Le témoignage de Nicole Guiraud, qui eut un bras arraché à l’âge de dix ans dans l’attentat du Milk Bar d’Alger, le 30 septembre 1956, est le premier qui fasse rentrer l’horreur dans le quotidien. Difficile pour un Occidental du début du XXIe siècle de s’imaginer ce qu’est vivre dans la peur continuelle, dans la vision de corps déchiquetés, dans la crainte de ne pas voir rentrer le soir les enfants qu’on a envoyés à l’école le matin. Les récits qui se succèdent montrent comment la vie continue, forcément, parce que toutes les régions n’étaient pas également touchées par les attentats, mais surtout parce que, lorsque la mort est quotidienne, la vie doit prendre plus de place.
La partie se clôt sur les années "d’abandon", entre le discours de de Gaulle promettant l’Algérie française et la "trahison" finale du général en 1962 ; le même ressentiment anime pieds-noirs et harkis. Récits de barricades où les gardes mobiles attaquent les manifestants européens, de rébellion de pieds-noirs engagés dans l’armée française et expulsés en métropole ou en Allemagne ; récits de Français engagés dans l’OAS, considérée comme une organisation résistante ; récits d’Européens déplorant la violence de l’organisation. La communauté européenne d’Algérie éclate alors, entre ceux qui quittent la région pour ne plus être pris entre le terrorisme des fellagas et les bombes de l’OAS, ceux qui luttent pour conserver l’Algérie française, ceux dont les familles sont exécutées dans les campagnes algériennes, ou ceux, minoritaires, qui sont favorables à l’indépendance de l’Algérie et s’engagent aux côtés du FLN.

Chez les Algériens, une minorité choisit le camp français : ceux-là s’engagent dans l’armée française en raison d’un passé familial lié à la défense de la France (en 14-18 ou en 39-45), par crainte des raids du FLN pour engager de force les Algériens, ou parce que la France incarnait une modernité que l’Algérie ne leur promettait pas encore. Les témoignages montrent à quel point cette décision était individuelle.

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