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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

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Napoléon III enfin compris ?
[lundi 28 juillet 2008 - 18:00]
Histoire
Couverture ouvrage
Napoléon III
Éric Anceau
Éditeur : Tallandier
752 pages
Résumé : Grâce à l'exploitation de sources inédites, Éric Anceau offre la biographie la plus complète à ce jour de Napoléon III.
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Dans cette nouvelle biographie de celui qui fut le premier président d’une République française puis empereur des Français, Éric Anceau ne se fixe pas comme but principal de rectifier les contre-vérités d’une histoire longtemps menée à charge, ceci ayant déjà été très bien fait dans des biographies récentes , mais justifie la réalisation d’une nouvelle biographie de Napoléon III  par la volonté d’apporter un nouvel éclairage sur sa vie et son œuvre, considérant que tout n’a pas été dit sur le neveu de Napoléon et que l’homme et le souverain restent incompris. Surtout, il veut corriger certaines erreurs présentes dans les biographies précédentes faute d’un travail sur des sources qu’il estime essentielles (les papiers secrets et les correspondances du Second Empire), car elles n’étaient alors pas accessibles.

Sur la forme, il s’agit d’un remarquable travail d’historien, qui s’est basé sur des documents nombreux et variés, depuis les livres et prises de parole de Napoléon III et sa correspondance, piliers de sa biographie selon l’auteur, jusqu’aux résultats des consultations électorales, aux articles de presse, en passant par les fonds d’archives et les correspondances des grands protagonistes du règne, ainsi que les archives judiciaires (pour les tentatives de coups d’État de Strasbourg et Boulogne) et celles de l’armée (pour l’étude de sa captivité au fort de Ham). À noter qu’Éric Anceau ne se contente pas de simplement citer ses sources et de délivrer son interprétation de celles-ci mais, de façon très intéressante, donne assez souvent directement au lecteur le texte - ou au moins un extrait de celui-ci - utilisé par l’historien, que ce soit dans le corps de la biographie ou dans les quinze annexes placées à la fin de celle-ci . Par ailleurs, dans chaque chapitre on trouve un recours régulier à des notes où sont données de manière très complète les sources utilisées par l’auteur de la biographie, sources qui sont également regroupées et classées à la fin de l’ouvrage, accompagnées d’une bibliographie exhaustive des travaux sur Napoléon III. Enfin, un index des noms permet de naviguer facilement au sein de l’ouvrage.

Sur le fond, Éric Anceau divise sa biographie en quatre époques : "Les chemins du pouvoir (1808-1848)" ; "Du pouvoir sous contrôle au pouvoir sans contrôle (1848-1852)" ; "Les avatars d’un grand pouvoir (1853-1861)" ; "Du déclin à la perte du pouvoir (1862-1873)".
 
Dans la première partie de son ouvrage, l’auteur revient d’abord sur les années d’exil du prince impérial Louis Napoléon Bonaparte, essentiellement en Suisse, à Arenenberg et insiste sur sa conviction profonde, dès son enfance, qu’il serait un jour à la tête de la France. Il évoque ensuite ses premières conspirations, d’abord en Italie en 1831, aux côtés des patriotes italiens en faveur de l’unité nationale de la péninsule puis surtout en France, avec une description très minutieuse et vivante, au moindre détail près, de ses deux tentatives de coup d’État contre la monarchie de juillet, respectivement à Strasbourg le 30 octobre 1836 et à Boulogne le 6 août 1840, tentatives qui se soldèrent par deux échecs, la seconde entraînant la condamnation de Louis Napoléon à l’emprisonnement perpétuel au fort de Ham, d’où il finit par s’échapper le 25 mai 1846, après cinq ans et sept mois de détention, pour s'enfuir vers l’Angleterre.

Les deux parties suivantes concernent des aspects plus connus de la vie de Louis Napoléon Bonaparte, sa vie publique en tant qu’homme politique majeur de la République française puis en tant que premier personnage de l’Empire. La deuxième partie est centrée sur le mandat de président de la République exercé par Louis Napoléon Bonaparte puis son coup d’État du 2 décembre 1851 et la restauration impériale un an plus tard mais évoque aussi un aspect plus méconnu de la vie politique de Louis Napoléon, son court mandat de député suite à son élection triomphale lors des élections législatives des 17 et 18 septembre et qui toucha son terme suite à son élection comme président de la République lors de l’élection du 10 décembre. On découvre également dans cette deuxième partie un chapitre original sur la pensée politique du nouvel empereur des Français  : outre le rapport direct entre le souverain et le peuple via le suffrage universel, on y voit ainsi l’importance de la question sociale pour Louis Napoléon, devenu empereur en plein cœur du processus d’industrialisation.

La troisième partie s’intéresse à la première décennie du Second Empire, notamment ses succès à l’extérieur (guerre de Crimée ; Italie, avec les victoires de Magenta et Solférino en 1859) et ses réformes à l’intérieur du pays, réformes inspirées par la pensée saint-simonienne, que ce soit dans le domaine social (interdiction du travail le dimanche et les jours fériés, mise en place de sociétés de secours mutuels permettant aux ouvriers de venir en aide à un camarade malade ou accidenté) ou dans le domaine économique (création du Crédit mobilier, organisme devant diriger l’épargne des capitaux vers les grandes affaires industrielles ; développement des transports, notamment le transport ferroviaire), domaine dans lequel les dépenses étatiques, très importantes dans une conception de l’économie où l’État avait un rôle d’impulsion, étaient financées par l’emprunt (et non par l’impôt) car Napoléon III estimait que ses dépenses entraîneraient la création de richesses bien plus importantes qui permettraient le remboursement rapide de ces dépenses initiales (théorie des dépenses productives).

Titre du livre : Napoléon III
Auteur : Éric Anceau
Éditeur : Tallandier
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1 commentaire

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B.Fauvergue

08/11/10 02:47
je tenais à relever une petite faute dans cet article: Napoleon III est mort le 9 janvier 1873 et non 1872. Même si je me doute qu'il s'agit d'une banale erreur d'inattention et en aucun cas d'un manque d'érudition

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