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critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Internet, dis moi qui est le plus grand intellectuel au monde ?
[lundi 05 mai 2008 - 10:40]
Trois ans après une première édition qui avait mobilisé plus de 20 000 internautes,  l’élection des "top global public intellectuals" est ouverte jusqu’au 15 mai. Organisé par les revues Prospect et Foreign Policy, ce concours est construit sur un principe pour le moins simple : les rédactions des deux revues ont établi une liste de cent noms censés incarnés les "courants de la pensée gobale", et l’internaute voulant prendre part au vote est invité à n’en retenir que cinq.

Si la notion de public intellectual est difficilement traduisible en français, et ne renvoie pas totalement au très stigmatisant "intellectuel médiatique" (pas totalement, mais un peu quand même, si l’on s’en tient à certains noms retenus pour représenter l’"intelligence française"), la plupart des noms proposés au vote par les deux revues donne un aperçu des qualités requises : on retrouve en effet sur cette liste l’historien britannique Tony Judt, le romancier israélien Amos Oz, l’économiste et ancien président de Harvard Larry Summers, le philosophe canadien Charles Taylor, le romancier sud-africain J. M. Coetzee, l’économiste et éditorialiste états-unien Paul Krugman, ou encore, le théoricien politique chinois Wang Hui.

L’idéal semble donc a priori de pouvoir revendiquer un minimum de légitimité dans son champ d’action (recherche, littérature, etc.) tout en étant visible dans le débat public.

La représentation relativement faible du Continent africain (J. M. Coetzee, donc, Yusuf Al-Qaradawi, Wole Soyinka, George Ayittey, Amr Khaled, Makmood Mandani et le cas plus particulier de l’américano-ghanéen Kwame Appiah) contraste avec les présences particulièrement fournies de l’Amérique du Nord et de l’Europe (plus de 35 noms pour les États-Unis et le Canada, et 25 pour l’Union européenne). Cette configuration n’est d’ailleurs pas sans rappeler les résultats du classement de 2005. Une quinzaine d’Américains s’était alors retrouvée parmi les trente premiers noms d’un classement dominé par Noam Chomsky , lequel était suivi de Umberto Eco, Richard Dawkins, Vaclav Havel, Christopher Hitchens et, dans le désordre, Amartya Sen, Jürgen Habermas, Eric Hobsbawm, Julia Kristeva, Jean Baudrillard ou Benoît XVI…

On notera également que quelques Français ont les honneurs de la liste de qualification 2008 : Olivier Roy, Ester Duflo, Thérèse Delpech et… Jacques Attali et Alain Finkielkraut.

Enfin, certains noms ont disparu en trois ans. C’est le cas, par exemple, du sociologue et "théoricien" de la troisième voie britannique, Anthony Giddens, certainement emporté avec l’eau du bain blairiste.


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Crédit photo : photo de Noam Chomsky par "thelasminute" / flickr.com
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4 commentaires

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Thierry Catrou

10/05/08 13:03
Est-ce que tout cela a bien un sens ? N'êtes on pas aux antipodes de ce que réclame l'intelligence ? Être un intellectuel c'est tenter de dévoiler le monde, apporter une lumière aux hommes. Que la pensée et là une pensée multiforme puisse se ramener à une vague liste qui ose hiérarchiser (à partir de quels critères ?) des noms semble on peut plus farfelu pour ne pas dire imbécile... et plus tragiquement révèle un appauvrissement de notre sentiment d'être.
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th

10/05/08 10:14
Vous n'avez peut-être, comme moi, jamais entendu parler d'Ester Duflo et de Thérèse Delpech. Après recherche (la première n'a même pas de fiche sur Wikipédia, ce qui est sans doute un tort), elles travaillent toutes deux en pays anglo-saxons. Et la seconde fait partie du comité éditorial de l'édition française du magazine Foreign Policy... qui a organisé cette enquête !

Pour répondre aux commentaires précédents, Finkielkraut a tout de même une autre dimension. On peut ne pas aimer ses prises de position et le reconnaître tout de même. Pour Attali, il bénéficie lui aussi d'une certaine notoriété chez les Anglo-saxons (le concepteur du langage informatique Java dit s'être inspiré de l'un de ses livres...)
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Mac & Cheese

09/05/08 12:34
C'est quand meme in-croy-able!! C'est bon, il y avait deja trois points de suspension, on est pas obliges d'en remettre une couche sur Alain Finkielkraut... Mais qu'est-ce qu'il vous a donc tous fait? Vraiment, j'aimereais comprendre?
Quelques apparition a la television, mais ce n'est pas le diable! J'aime ses livres et son emission de radio est un plaisir chaque semaine... Vraiment, non, je ne comprends pas cet acharnement.
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p

07/05/08 09:23
La seule présence d'Alain Finkielkraut dans une liste de cent noms censées établir à l'internationale les intellectuels publics les plus importants, c'est assez pour convaincre que l'expression française "intellectuel médiatique" eut certainement été la plus appropriée pour définir ce dont il est question.

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